Irène Frain : Un crime sans importance

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L’auteure parle souvent de son enfance pauvre en Bretagne. Elle est issue d’une famille nombreuse, ils étaient des gens sans importance. Comme sa sœur aînée, elle a connu la promotion sociale grâce à une institutrice. Elle a fait des études de Lettres et est devenue professeur puis écrivain. Aussi quand sa sœur est assassinée dans son pavillon de banlieue et qu’aucune enquête d’investigation n’est faite ni par la police ni par la justice, elle se sent en colère. Est-ce un meurtre sans importance parce que c’est une femme âgée qui vit dans une banlieue sans âme, dans un territoire perdu de la République ? Pour elle c’est comme un nouveau déclassement social. Le livre retrace le cheminement de cette colère contre une justice qui ne considère pas les gens sans importance comme sa sœur. Elle retrace ses relations avec sa sœur qui a toujours été son modèle.

Marie-Hélène Lafon : Histoire du fils

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André ne connaît pas son père. Sa mère vit à Paris, elle l’a laissé à sa sœur pour qu’elle l’élève. André se construit une famille avec ses cousines qu’il considère comme ses sœurs. Il ne souffre pas de l’absence de sa mère et ne se décide que tardivement à rechercher son père. L’auteur construit son livre d’une façon originale en ne respectant pas la chronologie. Cette histoire de famille est ancrée dans deux lieux, le Lot et l’Aubrac. L’écriture de l’auteur est ciselée, travaillée pour recréer la vie d’une famille ordinaire avec ses bonheurs et ses secrets.

Marie-Hélène Lafon : Le soir du chien

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L’auteur raconte l’histoire d’un amour entre Marlène, dix-huit ans et Laurent, beaucoup plus âgé. Une rencontre improbable où l’amour et les relations entre les êtres humains sont racontés à travers le prisme et les réflexions de plusieurs personnes. C’est donc un livre à plusieurs voix où les sentiments sont exprimés avec force et simplicité. L’écriture de M.H Lafon est très belle, elle emmène le lecteur dans la douceur et la simplicité des mots.

Ici, il n’est de printemps que furtif, comme honteux de recommencer, de réveiller les vieilles écorces, les plates étendues d’herbes lisses, de sonner le rappel des choses vertes, sommées d’exister encore, vouées à un sursis de la très brève gloire de l’été. Quelques journées de fin de mars ou de début avril, se donnent au bleu, à la légèreté consciente d’un air soudain moins âpre.

Une nature, un coin de Cantal, bien décrits.

Emmanuel Carrère : Yoga

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L’auteur raconte son expérience lors d’un stage de yoga qui dure dix jours. Il se met en scène en expliquant pourquoi il veut faire un livre sur le yoga. Mais les événements vont en décider autrement. Le stage est écourté, il est rappelé par l’actualité à cause de l’attaque terroriste à Charlie Hebdo. Une deuxième partie est encore plus personnelle, il livre ses difficultés liées à une dépression sévère. Puis en troisième partie, son expérience sur l’île grecque de Délos avec des migrants. Ce livre est une longue introspection sur ses difficultés de vivre. C’est, comme d’habitude avec E Carrère, un livre facile et agréable à lire car il sait manier l’autodérision.

Sébastien Spitzer : La fièvre

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L’auteur a écrit ce livre avant la pandémie de Covid. Son sujet est une épidémie de fièvre jaune à Memphis aux Etats-Unis.Il décrit comment la ville se vide de ses habitants. Une petite ville du Sud où la vie se déroulait tranquillement avec ses notables, son bordel, son racisme. Ceux qui restent, la mère maquerelle,un noir, un journaliste et une petite fille noire déjouent les codes pourtant bien ancrés. Le journaliste, membre du Ku Klux Klan, s’humanise, la mère maquerelle sauve des gens, le noir se retrouve à la tête d’une milice pour sauver la ville du pillage. Toutes les cartes sont rejouées à la faveur de cet événement traumatisant. Après une épidémie tout peut-il revenir comme avant ?

Julia Kerninon : Le dernier amour d’Attila Kiss

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Une histoire d’amour improbable entre un homme de cinquante et un an qui a abandonné sa femme et ses trois filles pour partir loin de Budapest. Il rencontre Théodora, une jeune fille de vingt-cinq ans. Celle-ci est réellement éprise, mais il ne veut pas y croire. A travers leurs conflits de couple sur cette différence d’âge, se mêlent des conflits de classe sociale et de pays. Elle est riche, il est pauvre, elle est Autrichienne, il est Hongrois.Cela entraîne entre eux des rapports de domination. Il lui reproche sa richesse et son pays qui a dominé le sien. Tout cela envenime leur relation amoureuse.

Julia Kerninon : Liv Maria

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Liv Maria vit sur une petite île bretonne, son père est norvégien. C’est une petite fille solitaire et rêveuse. Elle se trouve obligée de partir à Berlin chez sa tante, alors qu’elle n’a que seize ans. A ce moment-là,sa vie s’accélère, elle devient vite adulte. Ces quelques mois à Berlin vont déterminer toute sa vie. Qu’est-ce qu’un destin ? Comment l’amour et une rencontre peut déterminer toute une vie ? Le récit de Julia Kerninon est bien mené avec une écriture fluide.

Julian Barnes : Une seule histoire

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Un jeune homme de dix-huit ans tombe amoureux d’une femme de trente ans son aînée. Elle est originale, belle et fantasque. C’est sa première expérience amoureuse, il se lance à corps perdu dans cette relation qui satisfait son envie d’anticonformisme. Il passe ses vacances dans la maison de ses parents dans la banlieue de Londres.Il la rencontre au tennis où ils forment tout d’abord, deux partenaires de double. Il découvre l’amour à un âge où celui-ci est la première occupation. Ils vivent leur relation amoureuse sans tenir compte de son mari et de ses deux filles ainsi que de ses parents à lui. Julian Barnes analyse le sentiment amoureux dans ses profondeurs, ses difficultés et ses utopies. Un bon livre, un peu long dans les cinquante dernières pages.

Muriel Barbery : Une rose seule

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Quand le paysage a un sens, celui de refléter l’âme. Quand la fleur par sa présence n’apporte pas seulement la beauté, mais la signification de toute chose. Rose arrive au Japon pour connaître le testament de son père qu’elle n’a pas connu. C’est une jeune femme seule, dont la mère et la grand-mère sont mortes. Elle est blessée jusqu’au fond de son âme. Au Japon, elle sent qu’elle se reconstruit peu à peu, comme si elle connaissait le pays depuis toujours. Le secrétaire de son père lui fait visiter les temples de Kyoto selon le vœu du défunt. Elle apprend à connaître peu à peu l’âme japonaise dans la contemplation de la beauté des jardins, des plantes et des pierres. Un parcours initiatique et poétique. L’ambiance zen des temples, des maisons avec leur décor végétal et dénudé est bien retranscrit et pourtant … De temple en temple, de restaurant, en salon de thé, on s’ennuie un peu.    

Amélie Nothomb : Aérostats

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Une jeune fille donne des cours de Français à un jeune homme déprimé et dyslexique. Il est sous l’emprise de son père et se passionne pour les aérostats. C’est un petit livre qui se lit très vite. Il y a de l’originalité dans les personnages et dans leurs attitudes. C’est un livre écrit tout en dialogues, il n’y a pas vraiment de quoi être sous le charme.